Les régions du Japon
Le Japon se divise en neuf grandes régions. Elles n’ont ni le même climat, ni les mêmes paysages, ni le même rythme — 3 000 km séparent le nord d’Hokkaidō des îles d’Okinawa. Voici de quoi choisir la vôtre.
Hokkaidō 北海道
La grande île du nord est la moins densément peuplée du pays et la plus sauvage. On y vient pour des paysages qui ne ressemblent à rien d’autre au Japon : parcs nationaux, volcans, lacs de caldeira et champs cultivés à perte de vue.
L’hiver y est long et très enneigé — c’est la région du ski japonais et du festival de la neige de Sapporo, en février. L’été, à l’inverse, reste frais et sec quand le reste du pays étouffe : c’est la meilleure période pour randonner et voir les champs de lavande de Furano.
Hokkaidō demande du temps et, idéalement, une voiture : les distances sont considérables et le réseau ferroviaire est bien moins dense que sur Honshū. À réserver à un second voyage, ou à un séjour qui lui est entièrement consacré.
Tōhoku 東北
Le nord de l’île principale reste l’une des régions les moins parcourues par les voyageurs étrangers, et c’est précisément ce qui en fait l’intérêt. Montagnes, sources chaudes, villages de campagne et côtes découpées, avec une fréquentation sans commune mesure avec celle de Kyoto.
Le Tōhoku est réputé pour ses grands festivals d’été, en août, et pour ses onsen de montagne. Les cerisiers y fleurissent plusieurs semaines après Tokyo — ce qui permet, en s’y rendant fin avril ou début mai, de rattraper une floraison qu’on aurait manquée plus au sud.
L’hiver est rigoureux et très neigeux sur le versant de la mer du Japon. Le Shinkansen dessert la région depuis Tokyo, ce qui la rend plus accessible qu’on ne l’imagine.
Kantō 関東
C’est la région de Tokyo, et donc le point d’entrée de la grande majorité des voyages au Japon. La capitale à elle seule justifie plusieurs jours : chaque quartier a sa personnalité, et l’on peut passer d’un sanctuaire silencieux à un carrefour saturé de néons en dix minutes de métro.
Autour, plusieurs excursions à la journée sont faciles depuis Tokyo : Kamakura et son grand Bouddha, Nikkō et ses sanctuaires en forêt, Yokohama et son front de mer, ou Hakone au pied du mont Fuji.
Le climat est tempéré : hivers froids mais secs et souvent ensoleillés, étés chauds et humides. Le Kantō est la région la mieux desservie du pays — c’est le meilleur endroit pour commencer.
Chūbu 中部
La région du centre est celle des Alpes japonaises. On y trouve les paysages de montagne les plus spectaculaires du pays, les villages aux toits de chaume de Shirakawa-gō, et des villes qui ont conservé leurs quartiers anciens — Takayama et Kanazawa en particulier.
Kanazawa, sur la côte de la mer du Japon, est souvent citée comme une alternative à Kyoto : jardin remarquable, quartiers de maisons de thé, artisanat vivant, et beaucoup moins de monde.
L’hiver est très neigeux dans les vallées d’altitude ; l’été y est nettement plus supportable qu’en plaine. Le Chūbu s’intègre naturellement entre Tokyo et Kyoto, pour qui veut sortir de l’itinéraire le plus classique.
Kansai 関西
Le Kansai est le cœur historique du Japon et, avec le Kantō, l’autre passage obligé d’un premier voyage. Kyoto concentre un patrimoine considérable — temples, jardins, quartiers de bois — et se parcourt très bien à pied et à vélo.
Osaka, à moins d’une heure, offre un contraste total : ville de gastronomie, plus directe, plus bruyante, souvent plus chaleureuse. Nara, encore plus près, se visite en une journée pour ses temples et ses daims en liberté.
Les quatre villes sont si proches qu’on peut loger dans une seule et rayonner. C’est l’un des meilleurs rapports découverte/déplacement de tout le pays. Revers de la médaille : Kyoto est très fréquentée, surtout à la floraison des cerisiers et aux couleurs d’automne.
Chūgoku 中国
À l’ouest de Honshū, le Chūgoku est surtout connu pour Hiroshima et son mémorial de la Paix, visite marquante et essentielle. À quelques dizaines de minutes, l’île de Miyajima et son torii posé dans l’eau comptent parmi les images les plus reconnaissables du Japon.
La région se divise entre une côte sud sur la mer intérieure de Seto, douce et ensoleillée, et une côte nord sur la mer du Japon, plus rude et plus enneigée en hiver. Kurashiki, avec son quartier de canaux, mérite l’arrêt.
Le Shinkansen dessert Hiroshima depuis Kyoto en un peu plus d’une heure et demie : l’aller-retour tient dans une journée, mais une nuit sur place permet de voir Miyajima au calme.
Shikoku 四国
Shikoku est la moins visitée des quatre îles principales, et sans doute la plus paisible. Elle est célèbre pour son pèlerinage de 88 temples, qui en fait le tour et se parcourt encore à pied par certains.
On y trouve Dōgo Onsen à Matsuyama, l’un des plus anciens établissements thermaux du pays, les gorges d’Iya avec ses ponts de lianes, et une côte pacifique battue par le large.
Le climat est doux, particulièrement sur la côte nord. Les transports y sont plus lents qu’ailleurs — c’est une région qui se mérite, et qui récompense ceux qui acceptent de ralentir.
Kyūshū 九州
Kyūshū est l’île volcanique du sud-ouest, et le paradis des sources chaudes : Beppu et Yufuin en concentrent une densité sans équivalent dans le pays. Le volcan Aso et le Sakurajima, en activité face à Kagoshima, marquent durablement.
Nagasaki, longtemps seule fenêtre du Japon sur le monde extérieur, garde de cette histoire une identité à part, et son mémorial de la Paix. Fukuoka, la plus grande ville de l’île, est réputée pour sa street food et ses stands de rue en soirée.
Le climat est le plus doux de l’archipel : les cerisiers y fleurissent en premier, et les hivers y sont cléments. En contrepartie, l’été est chaud, humide, et la région est exposée aux typhons de fin d’été.
Okinawa 沖縄
Okinawa n’a presque rien de commun avec le reste du Japon. L’archipel, à mi-chemin entre Kyūshū et Taïwan, a été le royaume indépendant des Ryūkyū pendant des siècles : sa culture, son architecture, sa cuisine et sa musique en portent encore la trace.
On y vient pour des plages de sable blanc, des eaux turquoise et l’une des meilleures plongées d’Asie, en particulier autour d’Ishigaki et de Miyako. La jungle d’Iriomote offre un tout autre visage.
Le climat est subtropical : doux en hiver, chaud et humide en été. La saison des typhons, de la fin de l’été au début de l’automne, peut perturber les vols et les liaisons entre îles — c’est le principal point de vigilance. On y accède en avion depuis les grandes villes du pays.
Ces pages s’enrichiront au fil des voyages : chaque région aura à terme son propre guide détaillé.
